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Prévenir la maladie d'Alzheimer, c'est possible !

La maladie d'Alzheimer n'est pas une fatalité. Aujourd'hui, on sait comment mettre toutes les chances de son côté pour l'éviter. Et ce n'est pas seulement une histoire d'hygiène de vie… Le point avec e-sante.fr et le Dr Philippe Presles, co-auteur du livre «Prévenir».

E-santé : Tout le monde pense que pour prévenir la maladie d’Alzheimer ce qui compte, c’est entraîner son cerveau. Est-ce vrai ?

Philippe Presles : Oui, faire fonctionner ses neurones, c'est efficace. Mais les études récentes montrent que l'exercice intellectuel n'est pas le seul à les faire fonctionner : rester actif, quelle que soit l'activité, entraîne aussi le cerveau d'une autre manière et c'est aussi important. La marche et le sport sont ainsi très efficaces en prévention de la maladie d'Alzheimer !
Un chiffre simple est très parlant : une heure et demie de marche par semaine diminue le risque de démence de 20 % chez les femmes, par rapport à celles qui marchent moins de 40 minutes par semaine.

E-santé : On entend également que quelques bons verres de vin font aussi du bien. Qu’en pensez-vous ?

Philippe Presles : Concernant l'alcool, en fait, cela dépend de vos gènes… Si vous êtes porteur d'un gène particulier (qui fabrique l'ApoE4), et c'est le cas de 20% d'entre nous, vous avez trois fois plus de risque de faire une maladie d'Alzheimer que les autres…
Dans ce cas, il ne faut surtout pas dépasser 1 à 6 verres d'alcool par semaine, et ne jamais être ivre… Car votre cerveau a du mal à s'en remettre.
En effet, pour se réparer, les neurones ont besoin de beaucoup de cholestérol qui leur est apporté par des molécules particulières, les apolipoprotéines E (ou ApoE). Selon nos gènes, on peut fabriquer trois types d'apolipoprotéines : ApoE2, ApoE3, ou ApoE4. Elles ne fonctionnent pas toutes aussi bien.

E-santé : Si l’on est porteur de ce gène de l’ApoE4 on est donc mal parti ?

Philippe Presles : C'est là que la prévention prend tout son sens. Certes les porteurs de l'ApoE4 ont plus de risque, mais même pour eux, la maladie d'Alzheimer n'est pas une fatalité. C'est ainsi qu'on en compte parmi les centenaires… Et d'une manière générale, les centenaires ont eu une vie saine, ils ne fumaient pas et ne faisaient pas d'excès avec l'alcool.

E-santé : En pratique, que faut-il faire si on veut mettre toutes les chances de son côté pour ne pas subir cette maladie d'Alzheimer ?

Philippe Presles : Avoir une bonne activité intellectuelle ou physique, ce qui veut dire concrètement qu'il est important de privilégier la marche à chaque fois que possible et éviter les activités sédentaires, comme les après-midi devant la télé…

ةviter l'alcool ou au moins se limiter à 1 à 6 verres par semaine. Comment faire ? Le plus simple est de prendre seulement du vin à table et d'éliminer les apéritifs ou cocktails alcoolisés. Il est aussi important de se garder quelques journées sans boire chaque semaine. Ceux qui boivent un peu plus, soit 2 à 3 verres de vin par jour au maximum (au-delà les risques graves commencent), peuvent prendre des compléments alimentaires à base de vitamines…
Selon certaines études, c'est efficace dans la prévention de la maladie d'Alzheimer et selon d'autres c'est sans effet. Ce n'est en tout cas pas dangereux et cela contribue aussi à prévenir des cancers…

Rester mince est important : l'obésité double le risque de faire une maladie d'Alzheimer. L'idéal est de privilégier la consommation de fruits, de légumes et de poissons et d'éviter les graisses animales comme le beurre, la crème ou la charcuterie.

Mais le plus surprenant dans les découvertes les plus récentes concerne le traitement de l'hypertension, du diabète ou de l'excès de cholestérol dans le sang. L'hypertension ou le cholestérol multiplient le risque d'Alzheimer par 6 ! Alors il est important de se faire traiter.
C'est d'autant plus important qu'il a été démontré que les antihypertenseurs et les statines (contre le cholestérol) étaient très efficaces en prévention de la maladie d'Alzheimer. Le traitement du diabète quant à lui ralentit le déclin cognitif.

E-santé : Une prévention active de la maladie d’Alzheimer est donc possible aujourd’hui ?

Philippe Presles : Tout à fait, et plus que jamais. Cela vaut le coup de se faire suivre par son médecin au moins une fois par an pour contrôler sa tension artérielle et faire le point sur ses facteurs de risques. On a tout à y gagner !