Mal de dos : halte à la sédentarité !

Il est bien révolu le temps où l'on conseillait le repos. Aujourd'hui, inversement, on recommande de bouger autant que possible, de continuer à vaquer à ses occupations quotidiennes, et même de pratiquer une activité sportive régulière. L'objectif : faire travailler son dos pour le renforcer.

dos

Lafréquence du mal de dos est impressionnante : 70 à 80% des Francais souffriront un jour ou l'autre du dos. Selon un sondage réalisé en 2000*, 27% des hommes et 36% des femmes ressentent régulièrement des douleurs du dos. Parmi les principales douleurs ressenties chez les jeunes de 12 à 19 ans, le dos arrive en seconde position, juste après le mal de tête et avant le mal de ventre.
La fréquence de la lombalgie commune (douleur du bas du dos) est élevée, elle atteint 30%. Elle est beaucoup plus importante chez des personnes exercant des métiers exposés à des contraintes physiques, tels le personnel hospitalier et les professionnels du transport ou du BTP. Si les symptômes douloureux évoluent la plupart du temps spontanément vers la guérison (90-95%), ils ont la caractéristique d'être très souvent récidivants et d'évoluer, dans environ 10% des cas, vers la chronicité.

La principale accusée est la sédentarité !

Notre dos est constamment sollicité, et tant mieux, car il est fait pour le mouvement. Il doit bouger pour être en forme et c'est justement parce qu'il est trop peu ou mal sollicité qu'il devient douloureux. C'est ainsi qu'on ne recommande plus le repos en cas de douleurs, mais l'exercice.

Parlez-en à votre médecin

Les personnes souffrant de mal de dos (rachialgie) n'en parlent généralement pas spontanément, et ce, malgré des retentissements majeurs dans leur vie. Par ailleurs, les médecins sont souvent démunis car ils ont peu d'emprise sur les multiples déterminants des rachialgies et parce que la lombalgie commune ne nécessite, la plupart du temps, aucune prise en charge particulière.
Parallèlement, le mal de dos est un sujet sur lequel la personne concernée a un rôle majeur à jouer. Même si elle ne maîtrise pas tous les facteurs, elle détient une grande part de la solution. En effet, la meilleure facon de prévenir le mal de dos ou d'améliorer un dos déjà douloureux est de l'assouplir, de le renforcer et de maintenir une bonne condition physique. Il faut donc s'astreindre à faire des exercices et/ou des activités physiques.

Afin de faciliter le dialogue médecin/patient, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) vient de développer un outil sous la forme de deux livrets.
Le premier sert à faire un diagnostic, à établir l'intensité du mal de dos et à définir ses conséquences sur la vie quotidienne. Plusieurs tests sont proposés afin de permettre au patient de faire le bilan des situations de la vie quotidienne pour lesquelles il sollicite son dos, de déterminer l'intensité de sa douleur, sa nature et ses réactions face à douleur.
Le second vise à encourager et à conseiller, tant pour le changement de certaines habitudes, que pour la pratique régulière d'exercices physiques.
Y sont proposés, schémas à l'appui, des exercices pour relaxer et détendre son dos, récupérer le plus rapidement possible et se sentir mieux, gérer davantage sa douleur, entretenir la mobilité du dos par l'alternance de mouvements d'assouplissements (étirements) et de tonification (renforcement musculaire).

En conclusion, que l'on ait mal au dos ou pas, il n'est jamais trop tard pour prendre de bonnes mesures au quotidien :

  • assouplir et muscler son dos, entretenir une bonne mobilité du corps, en pratiquant des activités physiques d'endurance adaptées à ses possibilités (marche à pied, vélo, natation…) ;
  • apprendre à mieux utiliser son corps pour soulager le dos, comme par exemple en prenant l'habitude de faire travailler davantage ses jambes et son bassin ;
  • aménager sa maison, son poste de travail ou sa voiture pour faciliter les mouvements et favoriser les bonnes positions.
  • Comme il n'est jamais facile de modifier ses habitudes, parlez-en à votre médecin pour réfléchir avec lui à des solutions adaptées

    * Thebault C., sondage CSA/SPQR, le Parisien 24 mai 2000.

    Lien: http://www.e-sante.fr/mal-dos-halte-sedentarite-NN_8352-65-2-4.htm